• L’impact surprenant de 2 cm d’isolation sur un mur

    Vous allez être scotchés de voir l’impact que peuvent avoir seulement 2 cm d’isolation sur un mur.

    Je vous montre également dans cette vidéo combien vaut 2 cm d’isolant si on les remplaçait par de la brique.

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    Synthèse de la vidéo :

    En étudiant l’isolation des murs d’une construction, on a souvent tendance à croire qu’un mur épais isole bien et n’a pas besoin d’isolation. Certes, un mur épais est plus isolant : un mur de 36 cm en brique pleine isole sans doute mieux qu’un mur de 15 cm en brique pleine. Mais, en faisant des calculs précis à l’aide un logiciel de calcul de déperdition énergétique, on voit tout de suite la différence entre un mur isolé et un mur qui ne l’est pas, même si celui-ci est très épais. Voici quelques simulations pour mesurer l’impact d’un isolant de 2 cm.

    Simulation de la déperdition énergétique pour un mur en brique pleine de 36 cm d’épaisseur isolé et non isolé

    Prenons d’abord le cas d’un mur de 36 cm en brique pleine, qu’on rencontre généralement dans les anciennes maisons construites avant les années 1940. On a donc une maçonnerie de 36 cm et un enduit (plâtre intérieur) de 1 cm. Le coefficient de transmission thermique de la paroi (u) est de 1,94. Pour rappel, plus ce coefficient est faible, mieux c’est.

    Pour une température extérieure de -10°C, la température de contact du mur intérieur (contre l’enduit en plâtre) est de 12,45°C. Ce qui est très faible. Plus cette température est basse, plus les habitants de la maison vont avoir une sensation de froid et plus il faudra chauffer l’intérieur pour plus de confort (température ambiante de 20°C).

    Température mur non isolé

    Pour une température de contact de 12°C, il faut chauffer l’habitation à 28 – 30°C (la moyenne de la température de contact et de la température intérieure doit être égale à 20°C).

    Ensuite, prenons le cas d’un mur de 36 cm en brique pleine avec 2 cm d’isolation. Ici, l’isolant utilisé est le polystyrène EPS, un isolant de type frigolite surmonté d’un crépi, qui est bien connu et couramment utilisé. Le coefficient de transmission thermique de la paroi est passé de 1,94 à 0,84. Avec seulement 2 cm d’isolation, sur un mur qui était déjà très épais (36 cm), on divise par deux, voire plus, la déperdition énergétique à travers le mur.

    Alors, toujours pour une température extérieure de -10°C, la température de contact du mur intérieur passe de 12,45°C à 16,70°C. On a déjà gagné plus de 4 °C en température de contact, avec seulement 2 cm d’isolation (l’isolant étant de préférence mis du côté extérieur).

    température-mur-isolé

    En définitive, l’impact d’un isolant est donc important même avec une épaisseur faible. Et même si on prend un mur encore plus épais, de 80 cm, on reste encore loin de cette performance : u=1,09. Il faudrait donc un mur d’une épaisseur de 1 m pour obtenir un coefficient de 0,84.

    Ainsi, 2 centimètres d’isolation équivalent plus ou moins à 60 – 70 cm d’épaisseur pour un mur en brique pleine.

    Tout ceci démontre l’intérêt de ne plus faire des murs trop épais, mais plutôt des murs plus minces, mais agrémentés d’un isolant.

    Simulation pour un mur en pierre

    Prenons cette fois-ci l’exemple d’un mur en pierre de 45 cm d’épaisseur. C’est encore pire. Ici, le coefficient monte à 3,14, il est pratiquement multiplié par deux par rapport au coefficient pour un mur en brique pleine de 36 cm d’épaisseur.

    Dans ce cas-ci, l’impact des 2 cm d’isolation aura encore plus d’importance. En effet, la température de contact est de presque 8°C au lieu de 12°C pour un mur en brique pleine. Alors, si on rajoute les 2 cm d’isolant du côté extérieur (du frigolite toujours, et avec un crépi), la température de contact va passer à un peu plus de 15°C au lieu de presque 8°C. On gagne près de 8°C et la performance de la paroi va être pratiquement multipliée par 3 (passant de 3,14 à 1,09).

    température mur en pierre isolé

    Avoir un isolant, même très fin, peut avoir un effet bénéfique important. Bien évidemment, on ne mettra pas seulement 2 cm. Plus, c’est toujours mieux.

    Simulation pour un mur de 15 cm avec isolation

    C’est le type de configuration que l’on retrouve dans les nouvelles constructions. Prenons alors le cas d’un mur en brique de type parpaing – terre cuite (d’une épaisseur de 15 cm), avec un plâtre intérieur (enduit intérieur), un isolant de 2 cm (toujours un isolant de type EPS avec crépi).

    Ici, le coefficient de transmission thermique est de 0,80. La performance est donc aussi bonne avec un mur moins épais. Le coefficient étant de 0,84 pour un mur en brique pleine de 36 cm. Les configurations étant les mêmes en ce qui concerne l’isolation.

    Ainsi, la capacité de retenir la chaleur et la capacité d’isolation ne dépendent pas du mur, mais plutôt de l’isolant mis en place.

    Les résultats de ces simulations sont utilisés à titre indicatif. Mais, même si les évaluations ne sont pas exactement conformes à la réglementation, on peut voir que pour un mur de 36 cm en brique pleine avec 2 cm d’isolant, on obtient un label C contre un label C pour un mur de 15 cm avec le même type d’isolant.

    label énergie isolation mur extérieur

    Le choix de l’isolant avec un mur de 36 cm

    Reprenons donc l’exemple du mur de 36 cm, mais cette fois-ci en optant un isolant de la bonne épaisseur. Pour 2 cm, le coefficient était donc de 0,80. Avec 8 cm d’isolation, on baisse à 0,34. Même si l’épaisseur de l’isolant est multipliée par 4, la performance de l’isolant n’est pas 4 fois meilleure. Le coefficient est divisé par trois environ. Ce qui est d’ailleurs normal : plus on rajoute de l’isolant, moins on va gagner proportionnellement en performance.  Ainsi, avec 15 cm d’isolant, on arrive à un coefficient de 0,20. Ce sont les premiers centimètres d’isolant qui sont les plus importants. En effet, entre un isolant de 20 et de 25 cm, la différence est très faible.

    Par contre, si vous voulez une maison passive, vous pouvez mettre en place le maximum d’épaisseur puisque chaque centimètre d’isolant compte. Mais pour une rénovation, une épaisseur de 8 centimètres qui constitue un peu la valeur standardisée en la matière, le coefficient de la paroi est de 0,34, c’est déjà très bon.

    Conclusion

    En définitive, tous ces calculs mettent en exergue l’importance de l’épaisseur de l’isolation par rapport à l’épaisseur des murs. Il est plus intéressant 2 ou 3 cm d’isolant plutôt que d’avoir de gros murs. Et ce n’est pas indispensable d’avoir 25 centimètres d’isolation. Avec 12 cm, le coefficient est de 0,24. C’est une performance qui est recommandée pour une rénovation normale. L’essentiel est d’avoir un mur bien isolé, ou plus précisément de bien isoler tous les murs de la maison, mettant ainsi en place une isolation complète et homogène.

2 commentaireso far.

  1. Duvel' dit :

    Hello,

    j’ai une maison avec façade classée, donc impossible à isoler de l’extérieure. Quel serait l’épaisseur et le type d’isolant idéals à placer à l’intérieur?

    Article très intéressant, merci pour vos conseils.

    • Geoffroy dit :

      Bonjour
      Vous devez donc isoler par l’intérieur avec toutes les précautions qu’il faut prendre pour ne pas avoir de problème de condensation et de moisissure.
      Au niveau de l’isolant tout dépend de la place que vous avez.
      Mais il faudrait partir sur l’idée de faire des contre-cloisons intérieures.
      Je vous propose de vous abonner à mon blog en téléchargeant mon guide gratuit.
      Car en ce moment, je lance une formation justement sur les différentes techniques d’isolation mais c’est uniquement réservé aux membres du blog.
      Geoffroy